{"id":213,"date":"2019-03-29T16:30:05","date_gmt":"2019-03-29T15:30:05","guid":{"rendered":"http:\/\/grand-morin.fr\/?p=213"},"modified":"2023-02-18T13:27:05","modified_gmt":"2023-02-18T12:27:05","slug":"la-gestion-des-inondations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/grand-morin.fr\/index.php\/2019\/03\/29\/la-gestion-des-inondations\/","title":{"rendered":"La pr\u00e9vention des inondations"},"content":{"rendered":"<div align=\"justify\">Le Grand-Morin, comme beaucoup de rivi\u00e8res en France, connait des crues r\u00e9guli\u00e8rement, le plus souvent en hiver. Ces crues donnent malheureusement lieu parfois \u00e0 des inondations.<p><\/p>\n<p>Et chacun de citer une raison pour expliquer la crue : les constructions r\u00e9centes, les terrains imperm\u00e9abilis\u00e9s, l&rsquo;agriculture intensive, le d\u00e9r\u00e8glement climatique, la disparition des prairies, des zones humides et des \u00e9tangs, les comportements parfois irresponsables de nos contemporains, \u00e9lus compris, &#8230;<\/p>\n<p>Tout le monde a plus ou moins raison, mais ce n&rsquo;est pas cette litanie qui fera avancer les choses. On ne refait pas le pass\u00e9, mais on se doit de construire un avenir meilleur.<\/p>\n<p>La lutte contre une inondation est une course contre la montre, il faut ralentir l&rsquo;eau en amont avant qu&rsquo;elle n&rsquo;aille inonder l&rsquo;aval. C&rsquo;est une \u00e9vidence parfois bien oubli\u00e9e.<\/p>\n<p>De nombreuses solutions sont envisageables. On peut les classer en deux cat\u00e9gories : les solutions long terme et les solutions court terme.<br>Comme le nom l\u2019indique les solutions long terme ne sont pas efficaces tout de suite et peuvent \u00eatre longues \u00e0 porter leurs fruits, mais rel\u00e8vent de bonnes pratiques, souvent structurelles et p\u00e9rennes. Nous y reviendrons.<\/p>\n<p>Des solutions court terme sont attendues par nos concitoyens, notamment apr\u00e8s le traumatisme de 2016 ; on a trop attendu, les inerties de toutes sortes, notamment administratives et r\u00e8glementaires, en sont la cause.<\/p>\n<p>Les solutions court terme vont viser \u00e0 r\u00e9duire le d\u00e9bit du courant lorsque survient un \u00e9pisode pluvieux cons\u00e9quent. Suivant sa g\u00e9om\u00e9trie, sa configuration, sa pente, sa morphologie, la nature des terrains, et d&rsquo;autres facteurs, une rivi\u00e8re peut support un certain d\u00e9bit et pas plus. Quand arrivent de grandes quantit\u00e9s d&rsquo;eau, la vitesse du courant peut s&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer mais atteint vite sa limite. Pour faire simple, le Grand-Morin \u00e0 Couilly accepte un d\u00e9bit de l&rsquo;ordre de 80 m3\/s, le d\u00e9bit se calculant en multipliant la vitesse par la section. Quand le d\u00e9bit augmente alors que la vitesse reste limit\u00e9e, c&rsquo;est la section qui doit augmenter, et comme le lit de la rivi\u00e8re ne peut s&rsquo;\u00e9largir, c&rsquo;est l&rsquo;inondation. <br>A Noter que la vitesse peut \u00eatre r\u00e9duite pas la pr\u00e9sence d&rsquo;obstacles ou emb\u00e2cles (branchages, troncs, d\u00e9chets, &#8230;), ce qui va r\u00e9duire le d\u00e9bit admissible et donc faire d\u00e9border plus vite. <br>Il faut donc limiter le d\u00e9bit durant la p\u00e9riode o\u00f9 il est trop important (plus de 80 m3\/s selon notre cas), c&rsquo;est-\u00e0-dire, le plus souvent durant quelques heures voire un jour ou deux sur une ann\u00e9e. Le d\u00e9bit r\u00e9duit sera restitu\u00e9 quand le pic sera pass\u00e9 quelques heures plus tard.<\/p>\n<p>R\u00e9duire le d\u00e9bit cela peut se faire de diff\u00e9rentes fa\u00e7ons :<br>&#8211; sur les rus ou cours d&rsquo;eau de tout ordre ramenant de l&rsquo;eau dans la rivi\u00e8re par des passages de diam\u00e8tre plus petit par exemple. Dans tous les, cas cela suppose des zones de stockage temporaire de l&rsquo;eau (bassin de r\u00e9tention).<br>\n&#8211; au niveau des r\u00e9seaux urbains et ruraux, en privil\u00e9giant les foss\u00e9s aux busages afin de permettre \u00e0 l&rsquo;eau de s&rsquo;infiltrer plut\u00f4t que ruisseler.<br>\n&#8211; sur la rivi\u00e8re elle-m\u00eame par des zones d&rsquo;expansion des crues : on laisse inonder l\u00e0 o\u00f9 cela fait le moins possible de d\u00e9g\u00e2ts. Les zones humides naturelles \u00e9tant les premi\u00e8res \u00e0 privil\u00e9gier. Y a-t-il encore des prairies qu&rsquo;on peut inonder dans la vall\u00e9e du Grand-Morin sans impact ni humain ni \u00e9conomique ? <br>Sachant que des zones d&rsquo;expansion de crues peuvent aussi figurer sur les rus.<\/p>\n<p>Depuis la loi sur l&rsquo;eau de 2006, qui interdit de s&rsquo;opposer \u00e0 l&rsquo;\u00e9coulement naturel d&rsquo;un cours d&rsquo;eau, les solutions de limitations du d\u00e9bit ne sont plus d&rsquo;actualit\u00e9. Cependant ces solutions restent pertinentes sur les foss\u00e9s et autres conduits d&rsquo;amener d&rsquo;eau. Outre ralentir l&rsquo;eau, ces zones tampon auraient des avantages suppl\u00e9mentaires :<br>&#8211; r\u00e9duire la pollution, qu&rsquo;elle soit issue des drainages ou des eaux de pluie,<br>&#8211; permettre un rechargement des nappes phr\u00e9atiques.<\/p>\n<p>Concernant les rus, les 4 principaux rus de la rive droite (Mesnil, Vaudessart, Li\u00e9ton et Orgeval) repr\u00e9sentent lors d\u2019une crue d\u00e9cennale plus de 40% du d\u00e9bit du Grand-Morin. C\u2019est dire qu\u2019ils constituent une piste s\u00e9rieuse d\u2019actions. Ces rus viennent du plateau argileux qui surplombe la vall\u00e9e, d\u2019une r\u00e9gion appel\u00e9e autrefois la Brie des Etangs. Des \u00e9tangs qui repr\u00e9sentaient au XVIII\u00e8me si\u00e8cle 180ha rien que sur la commune de Pierre-Lev\u00e9e.<br>Depuis, ces \u00e9tangs ont disparu. Drainages et foss\u00e9s alimentent directement les rus, auquel il faut ajouter, par exemple, les eaux qui descendent de l\u2019autoroute droit dans le ru du Mesnil. Ou encore les eaux des r\u00e9seaux de pluie des villages situ\u00e9s sur les hauteurs de la vall\u00e9e du Grand-Morin. <br>Les rus de la rive gauche apportent moins d\u2019eau. Rive droite on a des champs drain\u00e9s, rive gauche, on a encore de grandes for\u00eats comme celle de Cr\u00e9cy.<\/p>\n<p>Enfin citons les mesures qui permettraient de limiter le ruissellement vers la vall\u00e9e sur le long terme. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un travail de fond, \u00e0 mener en parall\u00e8le : replanter des haies, cr\u00e9er des zones enherb\u00e9es, des fosses d&rsquo;infiltration, des foss\u00e9s en escalier, &#8230; Changer les habitudes de labour (perpendiculairement et non dans le sens de la pente), recr\u00e9er des prairies, &#8230;<br>A ces mesures qui concernent la campagne, n&rsquo;oublions pas celles qui touchent plus les zones urbanis\u00e9es, et qui sont indispensables pour ne pas aggraver le risque d&rsquo;inondation : limiter les constructions au travers des PLU, imposer des bassins de r\u00e9tentions cons\u00e9quents pour compenser les constructions nouvelles, traiter les eaux de pluie \u00e0 la parcelle, des-imperm\u00e9abiliser, cr\u00e9er des noues en ville, &#8230;<\/p>\n<p>Concernant la limitation des emb\u00e2cles \u00e9voqu\u00e9e plus haut, l&rsquo;entretien des berges, et l&rsquo;ouverture des vannes d\u00e8s que n\u00e9cessaire, malgr\u00e9 les critiques parfois \u00e9mises, sont des actions qui sont efficaces pour les crues petites et moyennes, sans entreprendre les gros travaux cit\u00e9s plus haut. Mais il ne faut pas m\u00e9nager les efforts.<\/p>\n<p>Au quotidien, on comprend que le nettoyage r\u00e9alis\u00e9 par le Syndicat est important. Le maintien en bonne condition de la rivi\u00e8re et de ses berges l&rsquo;est tout autant. Afin de continuer \u00e0 faire un passer un d\u00e9bit suffisant (les fameux 80 m3\/s \u00e9voqu\u00e9s plus haut), la rivi\u00e8re doit \u00eatre maintenu en eaux hautes, d&rsquo;o\u00f9 le r\u00f4le essentiel et parfois mal compris des barrages. L&rsquo;\u00e9t\u00e9, le d\u00e9bit est tr\u00e8s faible (de 2 \u00e0 5 m3\/s). Sans les barrages on aurait une rivi\u00e8re quasi \u00e0 sec, ce qui provoquerait un effondrement des berges. Au passage cela permet \u00e9galement de remplir les brassets de Cr\u00e9cy, la Venise de la Brie, brassets qui ceinturent la ville depuis le XIII\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tour d&rsquo;horizon des solutions possibles, \u00e0 court terme comme \u00e0 long terme.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":247,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/grand-morin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/213"}],"collection":[{"href":"https:\/\/grand-morin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/grand-morin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/grand-morin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/grand-morin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=213"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/grand-morin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/213\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":947,"href":"https:\/\/grand-morin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/213\/revisions\/947"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/grand-morin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/247"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/grand-morin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=213"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/grand-morin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=213"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/grand-morin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=213"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}